Ballade von der Judenhure 
Marie Sanders
(Bertolt Brecht 1940)

In Nürnberg machten sie ein Gesetz,
darüber weinte manche Frau, die
[/Orig.: Manches Weib, das] mit dem 
falschen Mann im Bette lag.

Das Fleisch schlägt auf in den Vorstädten,
die Trommeln schlagen mit Macht,
Gott im Himmel,
	wenn sie etwas vorhätten,
		wär’ es heute Nacht?

Marie Sanders, dein Geliebter
hat zu schwarzes Haar.
Besser, du bist heute zu ihm nicht mehr 
wie du zu ihm gestern warst.

Das Fleisch schlägt auf in den Vorstädten,
die Trommeln schlagen mit Macht,
Gott im Himmel,
	wenn sie etwas vorhätten,
		wär’ es heute Nacht?

Mutter gib mir den Schlüssel,
es ist alles halb so schlimm,
der Mond sieht aus wie immer.

Das Fleisch schlägt auf in den Vorstädten,
die Trommeln schlagen mit Macht,
Gott im Himmel, 
	wenn sie etwas vorhätten,
		wär’ es heute Nacht?

Eines Morgens, früh um neun Uhr,
fuhr sie durch die Stadt im Hemd,
um den Hals ein Schild,
das Haar geschoren. 
Die Gasse johlte. Sie blickte kalt.

Das Fleisch schlägt auf in den Vorstädten,
der „Führer[/Orig.: Streicher]“* redet heut’ nacht.
Großer Gott,
	wenn sie ein Ohr hätten,
		wüssten sie, 
			was man mit ihnen macht!
   

Ballade de la Putain à Juifs Marie Sanders
(Adaptation libre par Leobald Loewe, 2010)



À Nuremberg, ils promulguèrent une loi,
plus d'une femme en a pleuré, au lit
avec un homme non admis.

La chair s'écrase au fond des banlieues,
écoute, ils battent leurs tambours !
Veut-il dire que, s'ils visaient
des coups, bon Dieu,
ce serait ce soir ?

Marie Sanders, ton amant a les cheveux
trop noirs. Mieux vaudrait aujourd'hui
ne plus être encore avec lui comme hier.

La chair s'écrase au fond des banlieues,
écoute, ils battent leurs tambours !
Veut-il dire que, s'ils visaient
des coups, bon Dieu,
ce serait ce soir ?

Maman, donne-moi la clé,
tout cela n'est pas si grave,
la lune me semble comme toujours.

La chair s'écrase au fond des banlieues,
écoute, ils battent leurs tambours !
Veut-il dire que, s'ils visaient
des coups, bon Dieu,
ce serait ce soir ?

Un matin, il était neuf heures,
elle traversait la ville en chemise, 
la tête rasée, pancarte au cou,
d'un regard froid. La foule hurlait.

La chair s'écrase au fond des banlieues,
le "Führer[/Streicher]" harangue cette nuit.
S'ils avaient en tête une oreille, grand Dieu,
ils pourraient savoir ce qu'on fait d'eux !

Les poètes français Maurice Regnaut et Micheline Weinstein ont traduit "Streicher" avec "Le peintre en bâtiment" et "le peinturion".
Ce n'e sont pas de traductions raisonnables, puisqu'il s'agit d'un nom: "Julius Streicher" a été l'éditeur du journal "Der Stürmer" et le propagandiste raciste et antisémite des Nazis le plus fâcheux et 'célèbre'. Après la guerre il était condamné à mort et exécuté par le tribunal de Nuremberg. Parce que cet homme n'est plus connu, "le Führer" est peut-être plus facile à comprendre pour des gens quotidiens.
J'ai aussi trouvé une 'traduction', cité dans une dissertation, qui appelle cette chanson "Ballade de la putain juive(!?!) Marie Sanders". NON! Ça, c'est faux! Marie Sanders à été une "putain À JUIFS"(!!!), une femme 'aryenne' qui couchait avec un juif!